Don't Be Light, extrait du troisième album de AIR, 10 000Hz Legend, sorti en 2001, est selon moi un exemple réussi du mélange electro et psyché. Dans le même genre, il y a aussi le dernier alboum de MGMT, Congratulations, mais AIR a ouvert le bal.
Des sons modernes pour certains synthés et boites à rythmes, la voix qui sonne comme une guimbarde ("Don't be light, don't, don't be light") et la production léchée, profonde et sans défaut sont le versant electro de l'affaire. Un écho surpuissant sur les voix, une composition basée sur la juxtaposition et l'empilement de plusieurs parties, une répétitivité hypnotique de chacune de ces parties, une batterie pleine de roulements et de cymbales sur le final et cette putain de basse fuzz qui déchire (désolé pour les oreilles chastes) en sont le versant psyché.
Sans ce riff de basse fuzz et l'accélération qui l'accompagne, le morceau ne serait évidemment pas aussi bon. Je crois même que si je devais partir sur une île déserte, c'est ce riff de basse fuzz que j'amènerais avec moi ! Désolé pour celui de Paulo sur Think For Yourself composition de George Harrison pour Rubber Soul, même si c'est lui le premier riff de basse fuzz de l'histoire du rock…
D'abord, la batterie lance le rythme après cette longue intro répétitive. Puis, on reste bloqué quelques mesures de trop comme pour annoncer qu'il va se passer quelque chose d'important. Et oui ! Appuyé par un tambourin qui tombe fort à propos et un "don't" plein d'écho, LE riff arrive et s'écoule dans nos oreilles comme le caramel sur une île-flottante (c'est bon une bonne île-flottante) ou, plutôt, comme une bière fraîche dans un gosier sec et il régale notre âme comme l'orange réjouit l'orphelin à Noël ou, plutôt, comme un jeune co-détenu vierge fait plaisir au psychopathe violeur-multi-récidiviste dans son cachot. C'est pas chez Ella Fitzgerald qu'on obtient ça, hein ?
Une fuzz bien compressée conserve à la basse son caractère grave tout en lui apportant la texture qui fait qu'une oreille non-avertie pourrait la prendre pour un solo de guitare.
Un réglage d'equalizer aux petits oignons permet d'obtenir cette espèce de ratatouille sonore tout en conservant une perception suffisante de la mélodie jouée. Qui a déjà branché une pédale fuzz sur une basse sait qu'il n'est pas évident à trouver ce réglage ! Et qui ne l'a jamais fait ne peut que me croire sur parole.
Un mot quand même sur la voix de ce morceau, mais un seul mot : Beck.
On parlera sûrement de lui un de ces jours mais plutôt à propos de ses propres compositions.
Electronic Performers, extrait aussi de 10 000 Hz legend, live 2002:
Talisman, live 2002:
Another Day, live à la télé, attention à ne pas vous endormir devant votre écran :
Think For Yourself par les Fab Four :
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