Aaaaaaah ce riff de basse martial et aérien.
Aaaaaaah ces cris de Cerbère sous amphétamines.
Aaaaaaah ce rythme sec et dansant.
Oui tout ceci est bien vrai, sauf que là, on va parler du London Calling des Lambrettas, pas de celui du Clash.
Les Lambrettas ont surfé sur la vague revival Mods de 1979. Cet été-la, les Who sortent leur film Quadrophenia. Musique horrible à chier des vers entiers mais bon film. Il raconte l'histoire du jeune Jimmy, joué par l'acteur Phil Daniels (qu'on retrouvera plus tard au chant sur le morceau Parklife de Blur) et c'est pratiquement un documentaire sur les Mods des années soixante : leurs bagarres avec les rockers gominés, les rivalités amoureuses, leur mode de vie amphétaminé, leurs scooters et leur look. Ajoutez à cela le succès sans cesse grandissant des Jam (vous vous souvenez de leur album All Mod Cons de 1978 ?) et la soif des médias pour trouver un remplaçant aux punks vieillissants et on obtient : Mods are back !
Heureusement pour nous, les Lambrettas ne s'y sont pas trompé et s'ils ont copié sur Quadrophenia, c'est uniquement pour leur look, costumes sixties et coupes de cheveux ridicules. Pour leur musique, ils ont eu le bon gout de s'inspirer plutôt de celle des Jam en y ajoutant une extra-dose de poppinette et en en soustrayant le discours socio-politico-révolté.
Formés en 1979 dans la région de Brighton, idéal pour un groupe Mods, les Lambrettas sont composés de Jez Bird (guitare/chant/claviers et compositeur principal), Doug Saunders (guitare), Mark Ellis (basse) et Paul Wincer (batterie).
Très rapidement repérés lors d'un concert, ils sont signés, personne n'est parfait, sur le tout nouveau label de Elton John, Rocket Records.
En 1980, leur deuxième 45 tours, une reprise ska de Poison Ivy atteint la 7e place du hit-parade anglais (moi j'en préfère la face B, Runaround, petit bijou power-pop) et le suivant, Da-a-a-nce, se place 12eme. C'est sur ce départ engageant que Rocket Records décide de faire enregistrer un album aux Lambrettas. Ce sera Beat Boys In The Jet Age, sorti à l'été 1980. Le disque marchera pas mal puisqu'il atteindra la 28eme place des charts anglais. Le talent de compositeur de Jez Bird est incontestable lorsqu'on écoute London Calling, Runaround ou Beat Boys In The Jet Age. Les Lambrettas sortent indéniablement du lot des autres groupes Mods revival comme Secret Affair ou les Merton Parkas (dont l'organiste Mike Talbot rejoindra plus tard Paul Weller pour former les détestables Style Council) car leur musique sonne moins revival. Mais je dois reconnaitre qu'on est quand même loin des Jam, des Who ou du Clash et plutôt proche des Knack (qui ont également quelques bons morceaux au demeurant) !
Runaround :
Fin 1980, fort de leur petit succès, les Lambrettas assurent la première partie d'une tournée européenne de Madness et ils jouent devant de grandes audiences de plusieurs milliers de personnes.
Puis en 1981, ils sortent un deuxième album, Ambience, qui, bien que comparable au précédent, n'aura pas le même succès. C'est vrai qu'il y manque un morceau de la qualité des 3 cités plus haut (sauf peut-être Someone Talking malgré ce trop long solo de sax) et que l'ensemble sonne un peu trop variète mais, surtout, le revival Mods a déjà été remplacé par autre chose… était-ce alors la mode des pirates d'Adam Ant et Bow Wow Wow ou bien les horribles Wham et Culture Club avaient déjà déversé leurs fientes musicales ? Toujours est-il que le groupe, après un remaniement et quelques mois d'acharnement, finira par jeter l'éponge en 1982.
Avec le succès des groupes power-pop comme Blur ou Oasis, les Lambrettas se reformeront brièvement dans les années 90 pour quelques concerts.
Jez Bird est mort d'un cancer en 2008, il avait 50 ans.
Poison Ivy à la T.V.
Beat Boys In The Jet Age, clip de mauvaise qualité (mais c'est mieux que rien) :
Et pour les Clasheux légèrement déçus, voici LE VRAI London Calling, Live, sous-titré en japonais :
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