L'important, c'est la rose.
Je vous vois trembler, ne vous inquiétez pas, il ne sera évidemment question ici ni de Gilbert Bécaud ni d'horticulture mais plutôt d'une compilation hétéroclite de groupes, d'artistes et de chansons dont les seul points communs sont le rose (ou le pink pour certains) et leur présence dans ma discothèque !
Une compilation variée dans laquelle, on trouvera, dans le désordre :
Blonde Redhead et l'Amour Rose électro, habité, langoureux et hypnotique des deux jumeaux Simon et Amedeo Pace et leur amie bassiste Toko Yasuda, extrait du sixième album des rouquemoutes blonds, sorti en 2004, Misery Is A Butterfly qui pourrait participer avec toutes les chances de gagner au concours du plus mauvais titre de disque de tous les temps ;
Devo et une Chatte Rose synthétique et légèrement excitée, échappée de leur deuxième album sorti en 1979, Duty Now For The Future ;
Megapuss, groupe formé autour de Devendra Banhart le néo-baba-cool-chic et Fabrizio Moretti des Strokes, qui, sur un Bo Diddley Beat salace, nous parle d'une rose tatouée sur la bite d'un sodomite ;
Le Pink Floyd qui rajoute à notre palette une petite touche d'orange et de pomme (même si ce n'est pas une couleur) avec ce dernier single composé par l'allumé Syd Barrett pour le groupe avant sa lente mais inexorable descente dans l'enfer de la folie lysergique ;
Mike Kurosky, l'ancien cerveau de Beulah, qui a les lèvres roses et les poumons noirs, ce qui nous indique qu'il n'a pas froid et qu'il fume depuis trop longtemps mais ne nous permet pas de déduire que son premier album solo, The Desert of Shallow Effects, est sorti le 9 mars 2010, et pourtant, c'est la vérité ;
Les Prisoners qui ont le gout du rose et des instrumentaux rugueux avec ce bien nommé (pour l'occasion) A Taste Of Pink (mais je n'en comprends pas bien le sens) extrait de leur premier album du même nom incompréhensible, sorti en 1982 ;
Les Sorrows qui, après avoir inventé le Freak Beat sans le savoir, tentent en 1967 l'expérience psychédélique et mélangent du rose, du violet, du jaune et du rouge pour voir ce que ça donne (généralement ça fait une bouillasse maronnasse mais, eux, s'en sortent mieux que ça) ;
L'énergique New Rose des Damned, référencé comme le premier single punk anglais, sorti le 22 octobre 1976, battu de peu pour le titre de premier single punk tout court par l'américain Blitzkrieg Bop des Ramones (Avril 1976) et le (I'm) Stranded des Australiens The Saints (Septembre 1976) mais ça n'enlève rien à ce brûlot destroy et saturé dont la batterie survitaminée pleine de roulements rageurs et de cymbales percutantes accompagne à merveille la voix et la guitare hargneuses ;
La reprise francisée de ce morceau punk mythique par les non moins mythiques Régale-Moi, Truie Rose, qui raconte la triste histoire d'une cochonne qui veut se faire aimer des hommes et y parvient uniquement sous forme de charcuterie (rien à voir donc avec la névrose décrite par les Damned) ;
Les Jam et Peter Doherty qui parlent, chacun à leur façon, des roses anglaises (mais je crois qu'il s'agit en fait d'une espèce de parabole poétique qui symbolise autre chose, reste plus qu'à comprendre les paroles...) ;
Baby Chaos, groupe anglais ennemi de la Brit Pop et, en quelques sortes, allié du Grunge, qui est tout colère et hurle pink sur un riff très métal (mais pas trop) extrait de leur premier alboum, Love Yourself Abuse sorti en 1997;
Danger Mouse et Daniele Luppi qui essayent de soigner une rose au cou cassé qui fleure bon le Morricone et est chantée par Jack White ;
Barbara Carlotti, interprète avec, entre autres, JP Nataff, Bertrand Belin et Philippe Katerine de l'Imbécile d'Olivier Libaux ou encore invitée de Michel Delpech sur son dernier disque (hinhinhin - rire moqueur), qui traduit Une Rose Pour Emilie des Zombies et on n'est pas très loin du ridicule ;
Cake qui aime les jolis petits rubans roses (et certainement aussi les bons petits gâteaux mais je m'avance peut-être, il faudrait leur demander confirmation) ;
les Kinks, avec Rosemary Rose enregistré pendant les sessions du Village Green Preservation en janvier 1968 et jugé trop faible par Ray Davies pour figurer sur l'album. Ce titre apparaitra quelques années plus tard, en 1974, sur une compilation américaine, The Great Lost Album, que le label Reprise sortira sans l'accord du groupe après qu'ils soient partis chez RCA. Ray Davies découvre l'existence de ce disque lorsqu'il apparait dans les charts US et il intente alors une action en justice, obligeant Reprise à retirer le disque du marché, ce qui en fit un collector ! Depuis, l'album a été enrichi et remasterisé par Ray Davies himself et shel Talmy himself aussi. ;
Elliot Smith, toujours dépressif, qui n'apprécie visiblement pas la Rose Parade, défilé de chars fleuris ayant lieu tous les 1er janvier à Pasadena en Californie, surtout que le trompettiste de la fanfare ridicule est saoul et joue mal ;
Les inconnus sud-africains Floribunda Rose dont l'unique single, enregistré et sorti en Angleterre en 1967, Linda Loves Linda fit un flop, certes, mais un flower power flop (petit jeu si vraiment tu t'ennuies beaucoup et te sens très seul : essaye de dire très vite flower power flop sans te tromper et félicite-toi chaleureusement si tu y parviens) ;
Le trio électrico-saturo-sauvage Black Rebel Motorcycle Club, nom emprunté au gang de motards mené par Marlon Brando dans L'équipée sauvage, qui croit qu'une rose pousse dans l'âme de sa copine (pfff n'importe quoi l'autre) ;
Lynn Castle qui tenait un salon de coiffure réputé sur Sunset Strip (Sonny, Cher et les Byrds s'y faisaient coiffer) et a enregistré en 1966 un charmant single produit par Lee Hazlewood où il est question d'un petit coin rose où elle se sent bien (mais elle est un peu tristoune quand même, ça s'entend) ;
Question Mark and the Mysterians qui ne se fatiguent pas trop, juste comme une rose se contente d'être jolie et de sentir bon, mais parviennent quand même à me faire remuer les doigts de pieds dans les chaussures avec ce Just Like A Rose, plein d'orgue Charlie-Oleguien en diable, extrait un peu poussif mais amusant de leur deuxième et dernier alboum Action, paru en 1967 ;
Les neo-zélandais lo-fi Shocking Pinks qui parviennent à faire de la musique molle et nerveuse en même temps, et ce n'est pas donné à tout le monde, même si plusieurs shoegazers y sont parvenu bien avant cette excellente chanson, Victims, parue en 2007 ;
D'autres néo-zélandais plus anciens, Human Instinct, dont la particularité est leur batteur-chanteur qui joue debout, même en première partie des Rolling Stones, chez eux en 1966, ou des Small Faces, en Angleterre en 1967, avec cette fée rose, face B de leur dernier single anglais, paru en 1968, avant un retour tout broucouille en Nouvelle-Zélande où le batteur-chanteur-debout, ayant refusé la place de batteur-assis dans le Jeff Beck Band, version avec Rod Stewart au chant, remontera le groupe Human Instinct qui existe encore aujourd'hui ;
The Koobas, groupe Beat liverpudlien formé en 1962 qui, bien qu'ayant été signé par Brian Epstein dès 1964, ayant tourné avec les Beatles, les Who et Jimi Hendrix, louze plusieurs années dans le bizness en sortant quelques singles sans succès et se sépare juste après avoir enregistré son premier album plein de power pop aux sonorités heavy-psyché qui sortira sans eux début 1969 et dont est extrait le dansant Royston Rose.
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