- Under My Thumb par les Rolling Stones ?
- Non.
- Alors par qui ?
- Oui, exactement.
- ...?
Evidemment, cette entrée en matière aurait plus de sens en anglais mais je suis francophone alors sans plus tarder, voici Under My Thumb, incontournable titre des Rolling Stones extrait de Aftermath, repris par les Who en 1967.
Février 1967, Keith Richards, en plein trip d'acide avec quelques amis, voit débarquer chez lui le sergent Pilcher de la brigade des stups avec ses hommes et ses chiens-renifleurs ("des p'tits bonshommes bleus avec des casques brillants" à qui il souhaite la bienvenue dans sa demeure). Evidemment, comme on pouvait s'en douter, ils trouvent de la drogue mais, en fait, vraiment pas grand-chose comparé à ce que la fine équipe s'envoyait à l'époque : 2 ou 3 mégots de joints dans les cendriers et quelques cachets d'amphétamines achetés légalement en Italie dans les poches de Mick Jagger, un fiasco pour le sergent des stups, quoi.
Le sergent Pilcher commence à se faire connaitre du grand public, mais surtout des pop stars dévergondées de l'Angleterre Flower Power. Il a déjà arrêté Donovan, se paye maintenant les Rolling Stones (le tour de Brian Jones arrivera dans quelques mois) avant d'oser finalement s'en prendre aux Fab Four, John Lennon et Yoko Ono en 1968 puis George Harrison en 1969.
Les méthodes du sergent Norman Pilcher laissent un peu à désirer : on le soupçonne de payer en drogue des indicateurs-dealers qui piègent ses victimes ; certains l'accusent de placer lui-même la drogue trouvée par ses deux chiens, Yogi et Boo-Boo ; Enfin, avide de notoriété, il n'hésite pas à prévenir les tabloïds avant ses interventions. Il sera finalement mis hors d'état de nuire par la justice qui le condamne à quatre ans de prison en 1972 pour parjure lors du procès d'un dealer qu'il souhaitait protéger. Quatre ans, c'est plus que toutes les peines cumulées de toutes les stars qu'il a coincées !
Mais revenons un peu à nos moutons.
Le procès de Keith Richards et Mick Jagger se tient les 28 et 29 juin 1967.
Keith, accusé d'avoir permis à des gens de fumer de la marijuana chez lui écopera du maximum prévu pour cet acte odieux, dangereux et répréhensible : 1 an de prison, certainement à cause de son attitude insolente face à la cours mais peut-être aussi parce que l'establishment veut mettre un peu d'ordre dans le pays. Mick Jagger, lui, prendra trois mois.
Dans la nuit du 28 au 29 juin, Pete Townsend, Roger Daltrey et Keith Moon enregistrent The Last Time et Under My Thumb pour affirmer leur soutien à Mick Jagger et Keith Richards. John Entwistle ne participe pas à ces enregistrements car il est en plein voyage de noce sur le Queen Elisabeth et c'est Pete Townsend qui joue les parties de basse. L'idée de Pete Townsend est de sortir des singles signés Jagger/Richards tant que les deux compères seront emprisonnés.
Bien que sorti en un temps record début juillet, le single sera finalement disponible au public après la libération (sous caution) des deux Stones ! Mick et Keith n'auront passé qu'une nuit en prison.
Alors, évidemment, lorsqu'on compare avec l'original, on peut regretter l'absence de la ligne de marimba jouée avec brio par un Brian Jones pourtant déjà largement abimé par les excès ; on peut aussi trouver que Roger Daltrey n'a pas autant de sex-appeal vocal que Mick Jagger ou que les petits soli nerveux de Keith Richards et les quelques notes de basse fuzz manquent cruellement à la version des Who. Cependant, il n'y a aucun doute sur le fait que la batterie déjantée de Keith Moon ajoute un petit plus au morceau et les chœurs de castrats produits par le gosier de Pete Townsend restent durablement en tête (vous verrez, bientôt, lorsque vous écouterez la version des Rolling Stones, ils vous manqueront, tout comme les cymbales et les toms fous de Keith Moon).
Under My Thumb, par les Rolling Stones, demi-live en 1966 :
The Last Time, par les Who, face A de Under My Thumb :
Voici Feelings par les Grassroots, petit combo américain psyché-folk-rock qui n'a pas hésité à emprunter le riff de marimba de Under My Thumb pour construire ce morceau psyché pas désagréable:
Under My Thumb par les Rolling Stones, live à Altamont. C'est après cette chanson qu'aura lieu le fameux crime qui marque symboliquement la fin des swinging sixties :
Daddy Rolling Stone par les Who, TV Show en Suède. A part le titre du morceau, rien à voir avec le schmilblick du jour mais c'est pas grave passque c'est bon :
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