En 1982, les Prisoners sortent leur premier album, A Taste Of Pink. En ce qui me concerne, ce mix de 60's anglais et de punk-mod fit immédiatement mouche et ce groupe ainsi que cet album restent irrémédiablement perchés en haut de mon Panthéon rock.
Outre l'excellent Maybe I Was Wrong, cet album contient 11 autres pépites, toutes brillantes ! J'ai choisi de mettre en avant ce morceau en particulier, bien représentatif de l'album et du talent des Prisoners mais j'aurais aussi bien pu retenir Better In Black, Creepy Crawlies, Pretend ou Say Your Prawers qui présentent les mêmes qualités. De bout en bout, cet album est énergique, frais, nerveux et mélodique, comme la majorité des morceaux des 4 albums des Prisoners.
La grande force des Prisoners réside dans leurs refrains "catchy" et la fraîcheur énergique des compositions.
Chaque fois que j'écoute Maybe I Was Wrong, j'ai à nouveau 15 ans ! C'est un peu (beaucoup) une de mes (nombreuses) madeleines de Proust (aaaaah ce camp Concordia à Roanne - Roanne ! Roanne ! 2 minutes d'arrêt ! avec les travaux à faire dans la MJC du quartier et tous ces copaings et ces copineus avec qui nous faisions les fous... mais je m'égare !).
Tout commence à Chatham, Kent, grande banlieue de Londres, en 1980, lorsque Graham Day (guitare chant), Allan Crockford (basse) et Johnny Symons (batterie) décident de monter un groupe pour s'amuser le week-end. Leur musique est influencée par le rock anglais et le garage américain des années 60 avec l'énergie punk en plus, un peu comme leurs "collègues" et amis les Milkshakes originaires de la même ville et qui se forment la même année.
En 1981, ils commencent à prendre les choses un peu plus au sérieux et ils enregistrent trois titres produits par Russ Wilkins, bassiste des Milkshakes.
Début 1982, Jamie Taylor les rejoint à l'orgue, en fait un synthé Casio branché sur un ampli à tube. Dès lors, le mélange des guitares saturées et de cet orgue sur les compositions et les mélodies de Graham (qui signe tous les morceaux) crée un son très particulier et immédiatement reconnaissable.
Mais malgré cela, après 8 mois de concerts dans leur région, le groupe est démoralisé car ça ne décolle pas vraiment. Sous l'influence "do it yourself" de Billy Childish, leader des Milkshakes, ils décident alors d'enregistrer et de produire eux-mêmes un album en guise de testament. D'ailleurs, Jamie doit partir en septembre à Newcastle pour aller à l'université…
Avec l'argent gagné grâce à leurs concerts, le groupe enregistre et mixe A Taste Of Pink dans un petit studio, avec l'aide de Russ Wilkins en deux jours seulement ! Il leur reste ensuite juste assez d'argent pour presser 500 exemplaires qu'ils espèrent pouvoir vendre avant que Jamie ne les quitte.
Les choses auraient pu en rester là mais Jamie ne passera finalement que 3 jours à l'université et il retrouve le groupe dès son retour à Chatham.
John Peel passe alors le morceau Better In Black dans son émission de la BBC et Rough Trade, LE magasin londonien du moment, leur commande 200 exemplaires qui partent très rapidement (ils en recommanderont plusieurs fois au fil des ans et 10 000 exemplaires seront finalement vendus !). Du coup, les concerts tombent comme s'il en pleuvait, ils font une tournée en Europe et Skydog, un label français (oui môssieu!), édite A Taste Of Pink qui sortira début 1983 avec un 45 tours en prime.
Des tensions naissent entre les membres du groupe qui n'ont pas tous la même définition du mot "succès" et dont les gouts musicaux évoluent différemment. De plus, l'absence de contrat entraîne une absence d'argent, ce qui n'arrange rien !
D'un coté Jamie Taylor et Johnny Symons veulent à nouveau signer avec une maison de disque alors que, de l'autre, Graham Day et Allan Crockford sont à l'aise avec l'auto-production. Sous la menace d'un split, ces derniers acceptent néanmoins de signer chez Countdown ( filiale de Stiff) début 1986.
L'enregistrement de leur 4e album In From The Cold prend près de 5 mois (énorme pour les Prisoners !). Il contient encore d'excellents morceaux mais la production, trop lêchée, déplait au groupe…
Ils partent en tournée et l'ambiance continue à se dégrader. En particulier entre Graham et Jamie, les engueulades se multiplient (souvent à cause du volume de la guitare ou de l'orgue) et certains concerts finissent même en pugilat ! De plus, Stiff, leur label, se porte mal et l'album n'est disponible que 2 semaines dans les bacs car lorsque le premier pressage est épuisé, il n'y a plus assez d'argent pour en faire un deuxième…
Le 18 septembre 1986, les Prisoners joueront leur dernier concert au mythique 100 club de Londres sans avoir jamais décroché un hit national.
Jamie Taylor montera le James Taylor Quartet et obtiendra quelques succès sous l'étiquette "Acid Jazz" en faisant surtout des reprises de musiques de films et de séries télé.
Graham Day, dégoutté par le business, continuera néanmoins à faire du rock garage auto-produit (parfois avec Billy Childish: les Mighty Caesars ou les Buff Medways mais plus souvent avec d'autres: Prime Movers, Solarflares…) tout en faisant carrière chez les pompiers ! Il continue d'écrire d'excellents morceaux. Son groupe actuel s'appelle Graham Day and The Gaolers (prononcer "Jailers", ça veut dire gardien de prison... clin d'œil aux Prisoners ?) et leurs concerts sont énergiques et éthyliques comme il faut ! Il vient de passer chef de garnison chez les pompiers.
Allan Crockford a joué tantôt avec Jamie (avant que son quartet ne signe chez Polydor…), tantôt avec Graham (Prime Movers, Solarflares), tantôt avec Billy Childish (Headcoats).
Johnny Symons a lâché définitivement la batterie et après avoir repris des études d'ingénieur, il travaille dans l'extraction de pétrole !
Live TV en 1985, Melanie :
Live TV en 1985, Explosion On Uranus :
Live en 1983, Reaching my Head et Hurricane :
What Is A Garage Bans, bonne question posée en 1984 à la TV britannique, avec les Stingrays, les Tall Boys, les Milkshakes et les Prisoners :
Playback émission TV française en 1983, Huricane :
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire