lundi 2 janvier 2012

Ta peau est sucrée, Candyskins



Le batteur des Candyskins s'appelle John Halliday. Il est évident que ses parents ont choisi ce prénom sans rien savoir de notre idole des beaufs nationale mais c'est pas de chance quand même…
Les Candyskins sont originaires de Islip, dans la région d'Oxford. Il parait que cette ville aurait inspiré à Steve Jobs un projet qu'il n'a malheureusement pas eu le temps de faire aboutir.
Mais résumer les Candyskins à ces deux anecdotes croustillantes serait un peu cavalier…

All Over Now :


Les Candyskins se sont formés dans les années 80 autour des deux frères Nick et Mark Cope (respectivement guitare chant et guitare) avec Nick Burton à la guitare et le malnommé John Halliday à la batterie. Tous originaires du petit village d'Islip, ils se rencontrent sur les bancs de l'école et participent ensemble à de nombreuses fêtes du village, les renommées fêtes d'Islip (désolé, c'est sorti tout seul). C'est avec l'arrivée du bassiste (et joueur de banjo mais on s'en fout un peu) Richard (mini) Brown qu'ils adoptent le nom Candyskins. Ici, je ne peux que m'interroger sur la présence de ce "mini" entre parenthèses. Est-ce que ça a à voir avec le "mini-me" de Austin Powers ou avec sa taille de slip (oups) ? De toutes manières, (mini) Brown sera remplacé par Karl Shale, dont le nom ne m'inspire aucun commentaire, après la sortie de leur première galette.

Space I'm In, sorti en 1990, délivre une Britpop qui manque un peu d'originalité.
Il y a bien de la wha-wha qui claque, une batterie bien chaloupée (pour une fois que je peux dire du bien d'un Halliday, je ne m'en prive pas), des compositions catchy et la production est très bonne mais ça ne suffit pas à faire décoller l'affaire. On peut cependant reconnaitre qu'il s'agit d'une Britpop séminale : Bien qu'utilisé dès 1987 pour décrire la musique des Stone Roses, Inspiral Carpets et autre La's, le terme Britpop ne deviendra un véritable mouvement qu'au milieu des années 90. Est-ce en 1993 avec la sortie du Modern Life Is Rubbish de Blur ? Est-ce en 1994 avec la sortie du Definitely Maybe d'Oasis ? Est-ce en 1995 avec la sortie du I Should Coco de Supergrass ? Ici, les avis divergent (je vous rappelle au passage ce qu'en disait Pierre Desproges) mais en tout cas, c'est à partir de 1995 que les journaux spécialisés useront et abuseront de ce terme.

Mais revenons à nos moutons en sucre.
Leur second album, Fun? sorti chez Geffen en 1993, est plus réussi. La production reste bonne et les compositions sont plus convaincantes, toujours dans le style Britpop originel avec wha-wha, fuzz et joulies mélodies. Il y a même de très bonnes ballades comme All Over Now que vous êtes en train d'écouter ou Grass que vous écouterez après si le premier vous a plu et si le cœur vous en dit.

Geffen est un label américain et le groupe fera de nombreux concerts aux States pour essayer d'envahir le marché US comme le firent avant eux de grands groupes, je pense aux Beatles ou aux Stones, mais aussi des groupes plus médiocres, je pense à Herman's Hermits par exemple… Contrairement à leurs ancêtres, ils ne parviennent pas à leurs fins (il faut dire qu'en face il y a du lourd, Nirvana en tête). Dans le même temps, malheureusement, Geffen n'assure aucune promo en Europe, ni même en Angleterre et c'est sans doute pour cela que les Candyskins n'ont pas décollé avec les autres Britpoppers du moment…

Geffen se débarrasse des Candyskins en 1996.

Signés sur un label indépendant, le groupe sort son troisième LP à l'excellent titre Sunday Morning Fever en 1997. Ce disque contient leur plus gros hit, Monday Morning, 34e place dans les charts anglais. Geffen en profite pour ressortir Fun? sans que le groupe ne puisse toucher de royalties. Les deux frangins répondent en taggant "no fun" sur la façade londonienne du label et se font arrêter par la police.

A cette époque, le groupe croit que son heure est venue. Ils multiplient les concerts, se rapprochent de Dodgy, autre groupe Britpop avec quelques bonnes chansons à leur actif et un succès commercial national, font des Peel Sessions, passent à la radio, à la télé et ils rentrent en studio pour un quatrième disque. Mais le petit label dépose le bilan pendant les sessions d'enregistrement et le groupe se retrouve orphelin. Le disque, Death Of A Minor TV Celebrity, encore un titre plutôt drôle, sortira tout de même en 1998 mais n'obtiendra pas beaucoup de succès commercial. Il faut bien reconnaitre que, malgré (ou à cause) d'une production encore une fois impeccable, les ballades talentueuses et la nervosité Britpop laissent place à la variété internationale (comme on dit poliment dans les rayons de la FNAC) et à la flatulence rock-FM nauséabonde (comme on dit simplement chez moi) et j'en rajoute à peine. Les Candyskins n'y résisteront pas plus que mes oreilles et ils se séparent la même année.

Ils nous laissent tout de même une belle pépite pop avec All Over Now et un album agréable avec Fun?, c'est mieux que beaucoup d'autres groupes qui ne nous laissent que nos yeux pour pleurer (souvent de rage).

Grass


Wembley, vidéo-clip avec l'homme en slip qui fait du stop (c'est pas ma faute) :

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