Les Undertones sont récemment réapparus dans les médias après presque 30 ans d'absence. Bon, ce n'est pas vraiment par la grande porte : une pub pour voiture du peuple allemand qui passe actuellement sur nos petits écrans utilise Here Comes The Summer.
Par positivisme invétéré, je ne vois pas ça comme la récupération d'une part de ma jeunesse envolée par le grand-capital immonde prêt à tout pour engraisser de méchants actionnaires séniles et cyniques, non, je vois ça comme le signe qu'ils font maintenant partie de la culture mondiale. C'est mérité et même, c'est pas trop tôt !
True Confessions 1979 :
L'énergie du groupe et la voix du chanteur font leur particularité et leur charme. Ajoutés à la qualité des compositions et l'intelligence des arrangements, cela fait tout simplement d'eux un bon groupe. Et comme tous les bons groupes, les Undertones évolueront sans cesse, passant d'un rock simple et joyeux, presque puéril façon Ramones, à une pop plus sophistiquée et parfois même mélancolique.
La production de leurs débuts, sous le signe du fun, des filles et du chocolat (More Songs About Chocolate And Girls ouvre leur deuxième album) est très appréciable pour sa fraicheur et son énergie juvénile. Mais "énergie juvénile" n'est pas forcément synonyme de "bourrin simpliste" et, par exemple, sur True Confessions, extrait de leur tout premier album et dont vous êtes en train de vous régaler les oreilles, la batterie pleine de flanger, les chœurs étranges, le break synthétique, les guitares répétitives et rêches donnent une ambiance bien particulière à ce titre… composition et arrangement possèdent déjà la finesse et l'originalité qui qualifieront les meilleurs chansons à venir du groupe .
Ils atteignent leur zénith avec le troisième album, Positive Touch, sorti en janvier 1981. Toutes leurs chansons se parent d'arrangements subtils et complexes pour atteindre le juste équilibre entre fraicheur et réflexion qui fait la bonne pop intemporelle.
When Saturday Comes en est un bon exemple mais ce n'est pas le seul et It's Going To Happen, Sigh And Explode, Hannah Doo, ou Forever Paradise enfoncent encore un peu plus le clou…
When Saturday Comes 1981 :
Tout commence en aout 1974 à Derry en Irlande du Nord. Les frères John et Vinny O'Neill décident de monter un groupe rock avec leurs amis Billy Doherty et Michael Bradley.
Enfin… au départ, ils n'ont pas d'instruments et se contentent même de boire du thé en écoutant des 45 tours. Ils ne jouent pas de musique mais ils ont un groupe quand même. D'ailleurs ils savent que Billy sera batteur, Michael sera bassiste et les deux frangins seront guitaristes.
Quelques mois plus tard, ils s'aperçoivent qu'il leur manque un chanteur pour être un vrai groupe !
Billy a un copain de classe qui ferait l'affaire, un certain Feargal Sharkey qui accepte aussitôt la proposition.
C'est à partir de ce moment (fin 1975) que le groupe, toujours sans nom, va réellement commencer à exister. D'abord, ils prennent un crédit pour s'acheter du matos. Ensuite, Feargal étant chef scout du quartier (!), il obtient un local mitoyen de la salle de réunion des scouts où ils peuvent laisser leur matos et répéter tranquillement. Le groupe commence à se monter un répertoire, du rythm'n'blues, des reprises des Stones et des Beatles, 4 morceaux en 4 mois de répétitions.
Feargall dégotte également leur premier concert, trop la classe : animer une soirée pour de jeunes scouts âgés de 9 à 10 ans ! Bien que ce ne soit pas très prestigieux, c'est important pour eux.
Mais quelques semaines avant le concert, Vinny O'Neills décide de quitter le groupe…
Heureusement, il y a un troisième frère O'Neill, Damian, qui joue de la guitare dans son coin et est immédiatement embauché pour remplacer le lâcheur.
Toujours pas de nom, mais le groupe a maintenant trouvé sa forme définitive.
Courant 1976, ils découvrent le punk-rock et le garage sixties.
Ils décident de durcir un peu leur son et, peu de temps après, adoptent le nom The Undertones.
Après les fêtes de patronages scouts et les soirées des écoles du quartier, les Undertones obtiennent un concert dans un des rares pubs du quartier à accueillir des groupes de rock, la Casbah.
Ce premier vrai concert sera ravageur : Feargal et Billy finissent le set en foutant en l'air le matos, après une reprise tonitruante de Gloria. Le patron du pub est séduit et il leur ouvre sa scène où ils joueront pratiquement chaque semaine pendant les 18 prochains mois.
C'est à la Casbah que les Undertones se font les dents, un public local et un répertoire de plus en plus complet qui s'étoffe des compositions des frères O'Neill et de Michael Bradley.
Ils enregistrent une maquette et l'envoient aux maisons de disques mais ne reçoivent que des refus en retour. Grâce à l'insistance d'un de leur copain, un petit label local, Good Vibrations, accepte finalement de leur faire enregistrer à Belfast et de sortir un EP, Teenage Kicks, qui lancera leur carrière.
John Peel tombe en extase devant ce morceau qu'il qualifiera jusqu'à sa mort en 2004 de "meilleur 45 tours de tous les temps". Il passe et repasse et repasse et repasse encore le morceau dans son émission sur la prestigieuse BBC1 et il dit et redit et dit encore tout le bien qu'il pense de ce jeune groupe irlandais.
Par l'odeur alléchée, la branche anglaise du label américain Sire, qui a les Ramones dans son écurie, leur propose un contrat de 5 ans. Les Undertones qui n'ont pas de manager et n'y connaissent rien, demandent conseil à un avocat de leur quartier, plus spécialisé dans la défense des actes de rébellion que dans les contrats de maison de disques. Mais celui-ci les rassure en leur disant qu'il ne semble pas y avoir de coup fourré. Le groupe signe joyeusement en septembre 1978 et empoche une avance de 8000 Livres.
Dans la foulée, Sire ressort Teenage Kicks qui, toujours soutenu par l'indéfectible John Peel, grimpe jusqu'à la 31e place des charts anglais.
En Mai 1979, leur premier album, sobrement intitulé The Undertones, atteint la 13e place.
Sans être d'énormes hits, le disque et les singles fonctionnent plutôt pas mal et permettent aux Undertones d'entamer une carrière internationale avec la première partie de la tournée américaine de Clash en septembre 1979.
En avril 1980, ils sortent leur deuxième album, Hypnotised, un peu plus pop que le précédent.
Cette année-là, ils feront leurs propres tournées mondiales en haut de l'affiche et plusieurs de leur singles entreront dans le top 10 anglais.
Leur troisième album, Positive Touch, sorti en janvier 1981, malgré ses qualités indéniables, déçoit le public de la première heure et leur succès commercial va commencer à décroitre lentement.
Au fil des ans, des tensions sont nés entre Feargal Sharkey, systématiquement mis en avant par les médias, et les musiciens qui n'apprécient guère d'être considérés comme le groupe accompagnant le chanteur. D'autant que ce dernier ne compose aucun des morceaux.
En 1983, après un 4e album, The Sin Of Pride, qui flirte parfois un peu trop avec la variété Soul mais qui contient encore de très bonnes chansons comme Luxury ou The Love Parade, le groupe va finalement se séparer d'un commun accord.
Les frères O'Neill monteront le groupe That Petrol Emotion au succès plus critique que commercial.
Feargal Sharkey fera une courte carrière solo avec quelques tubes en Angleterre.
Les autres passeront à autre chose avant que le groupe ne se reforme en 1999 avec un autre chanteur.
It's Gonna Happen, le clip:
Get Over You en live:
Luxury, live 1983 :
The Love Parade, live 1983 :
Positive Touch, live 1981 :
Jimmy Jimmy, live 1979 :
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