Du sixties punk, de la pop, du rock, du punk, de la new-wave, du psyché à lire et à écouter.
dimanche 1 mai 2011
Le sixties punk vraiment punk
Le terme "punk" peut paraitre inapproprié pour certains morceaux sixties punks.
Ils sont trop pop, trop rockabilly, trop blues ou encore trop psyché. On se raccroche alors à la branche en disant que le côté punk vient de la spontanéité "do it yourself" du groupe ou de la piètre qualité des musiciens ou de la production !
Et puis, il y a quelques morceaux vraiment punks.
The Outcasts, 1523 Blair :
Depuis les débuts du rock'n'roll, il y a eu à peu près 350 000 groupes nommés The Outcasts.
Mais ceux qui nous intéressent viennent de San Antonio (Texas) et furent actifs de 1964 à 1968.
1523 Blair, sorti en 1967, est leur dernier 45 tours. Un coup de maître en moins de 1'50" !
Dès les premières secondes, dans un larsen d'anthologie suivi par un solo rythmique des plus sauvages, le ton est donné : ça ira vite et fort.
La voix n'a rien à envier aux futurs punks 77. Je ne comprends rien aux paroles mais le chanteur a l'air très colère et il veut le faire savoir. Ce n'est pas le titre fumeux, 1523 Blair, inspiré par l'adresse du studio tenu par le frère de Kenny, celui de Kenny And The Kasuals où le groupe enregistra la pépite, qui va nous aider à trouver un sens à ce charabia énervé.
Le groupe sortit 5 galettes dont leur deuxième, I'm In Pittsburg (And It's Raining), connu un petit succès national (surtout du côté de San Antonio et de Pittsburg !).
Au Texas, ils étaient assez populaires et ils gagnèrent de nombreuses "battle of the bands" en 1966.
Ils avaient aussi un fan-club fourni qui éditait régulièrement un journal.
Enfin, ils portaient des costards à paillettes du plus bel effet avec le logo du groupe dans le dos !
Ils ont joué avec les mythiques 13th Floor Elevator et fait les premières parties de Herman's Hermits, Gerry and The Pacemakers et des Stones. Mais ils refusèrent de faire celle des Beatles ! La raison m'est inconnue et plutôt incompréhensible… Peut-être que l'enfant-batteur s'était cassé un bras en jouant à chat perché ?
Zakary Thaks, Bad Girl :
Les membres de Zakary Thaks sont tombés dedans tout petit… Lorsque Bad Girl, leur premier 45 tours, sort en 1966, ils sont âgés de 15 à 17 ans et ils jouent déjà tous dans des groupes depuis 1964. Zakary Thaks est né du regroupement de certains membres des Marauders et des Riptides qui, selon des sources averties, penchaient plutôt vers la surf-music.
Frappés de plein fouet par la British Invasion, les 5 jeunes gars originaires de Corpus Christi, Texas (ça ne s'invente pas) décident de se renommer Zakary Thaks, nom pioché au hasard dans un journal, car ils trouvent que ça sonne anglais !
Bad Girl est une de leurs compositions. Là aussi, comme pour 1523 Blair, dès l'introduction, brève et débridée, le ton est donné. Une rythmique rapide et saccadée, de multiples arrêts et ruptures, un son bien brut et une voix hargneuse font de ce morceau une belle petite pépite sixties-punk.
Grands fans des Yardbirds, grâce au petit succès de leur disque, ils auront le bonheur de faire la première partie des anglais à la grande époque Jeff Beck + Jimi Page. A cette occasion, ils découvrent la pédale fuzz encore expérimentale de Jeff Beck et demandent à un de leurs amis d'en fabriquer une pour eux. Après quelques essais infructueux, on peut entendre le résultat sur leur second 45 tours Face To Face.
Zakary Thaks sortira très peu de son Texas natal mais sur place ils auront beaucoup de succès et attireront des foules de jeunes à leurs concerts.
Le groupe durera jusqu'en 1972 avec de nombreuses ruptures/réconciliations et des changements de personnel fréquents. Leur musique évoluera alors entre le garage, la pop, le folk-rock, le blues et le psyché… comme tout le monde à cette époque ! Rien qui ne soit à la hauteur de leur premier essai transformé.
The- Bees - Voices Green And Purple :
Comme beaucoup de pépites sixties-punk, Voices Green And Purple est une chanson très courte : 1'35" de folie pure. Si un morceau mérite l'appelation contrôlée acid-punk, c'est bien celui-ci !
Les paroles sont complètement surréalistes : des voix vertes et violettes qui descendent des arbres, des murs et des fenêtres pour emporter le protagoniste vers on ne sait quel enfer. Voilà qui ressemble fort à la description d'un (mauvais) trip sous L.S.D.
Et le refrain ultra-speed et complètement déjanté ainsi que la voix hargneuse du chanteur sont on ne peut plus sauvages.
Pas loin d'avoir 10 ans d'avance les gars, même la pochette fait punk 1977 !
Originaires de Californie, on ne sait pratiquement rien de ces Bees dont Voices Green And Purple fut l'unique 45 tours, sorti en octobre 1966 sur le label Liverpool.
Inutile de préciser que le disque n'entra dans aucun charts, accentuant ainsi son statut de disque mythique auprès des garage-afficionados.
The Lollipop Shoppe - You Must Be A Witch :
Sorti en janvier 1968, en pleine période hippie, You Must Be A Witch, avec son rythme endiablé, sa fuzz sauvage et la voix aigüe et agressive de Fred Cole ne connut malheureusement aucun succès…
Le groupe, initialement nommé The Weeds, s'est formé à Las Vegas en 1965. En 1966, ils quittent le désert du Mojave pour la côte Ouest afin de profiter de l'effervescence qui y règne.
Là-bas, ils sont pris en main par le manager-producteur Lord Tim Hudson, dee-jay anglais expatrié. La référence directe à la marijuana fait mauvais genre et pour leur obtenir un contrat avec Uni Records, le Lord leur impose de s'appeler Lollipop Shop, nom bubble-gum pas vraiment en phase avec leur musique violente et sans concession. On dit aussi que c'était pour bien les différencier de ses autres poulains, les Seeds. Choisissez votre version !
Un 33 tours suivra peu après le 45, sans faire plus de bruit. Le reste de l'album est un peu moins sauvage mais reste clairement dans le camp des freaks, la voix reste méchante, même sur les ballades, et il contient plusieurs autres morceaux bien excités. On est loin du Summer Of Love !
Le groupe se sépare en 1969.
Après une pause de quelques années comme disquaire à Portland, Fred Cole, inspiré et séduit par le premier album des Ramones, sera un des rares acteurs de la scène sixties à faire partie d'un groupe punk en 1977, the Rats. Depuis, ayant peu d'écho médiatique mais sortant régulièrement des albums autoproduits (pratiquement tous enregistrés sur l'antique magnéto mono qu'utilisèrent les Kingsmen pour Louie Louie !), tournant aux Etats-Unis, en Europe et en Australie, il ne s'est plus arrêté : Desperate Edge, The Western Front, Toody, Dead Moon et depuis 2006, Pierced Arrows. Vas-y papy, on est avec toi !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire