Les New Pornographers sont canadiens, de Vancouver en Colombie Britannique. Pas loin de Seattle et compagnie mais uniquement géographiquement car leur musique est résolument pop et nappée de sons synthétiques.
Il parait qu'un certain Jimmy Swaggart, pasteur Pentecôtiste américain, aurait déclaré dans son show télé en 1986 que le rock était la nouvelle pornographie. Mais le nom du groupe n'a rien à voir avec la déclaration de ce dangereux abruti qui pourrit les ondes télé américaines (avec tant d'autres crétins illuminés de son espèce). En fait leur nom a été inspiré par un film japonais de 1966, The Pornographers dont le titre original est Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon mais ça n'aurait pas fait un très bon nom de groupe, n'est-ce-pas ?
Formés en 1997 par les musiciens de plusieurs groupes indépendants de Vancouver, the New Pornographers s'affublent du titre pompeux de super-groupe même si aucun des groupes dont proviennent ses membres ne sont très connus, jugez plutôt :
- Dan Bejar : Destroyer et Swan Lake
- Kathryn Calder : Immaculate Machine
- Neko Case : artiste solo, ayant participé à Maow et Cub
- John Collins : The Evaporators
- Kurt Dahle : Limblifter et Age of Electric
- Todd Fancey : artiste solo (sous le nom Fancey) et Limblifter
- Carl Newman : artiste solo (sous le nom A.C. Newman), ayant participé à Superconductor et Zumpano
- Blaine Thurier : réalisateur indépendant.
Impossible de dire avec précision qui joue de quoi car ils sont tous multi-instrumentistes, chantent tous et changent de rôle au gré des chansons et des albums.
En revanche, on sait que les principaux compositeurs sont Dan Bejar et, surtout, Carl Newman. Ce dernier avoue une obsession intime et durable pour Burt Bacharach, Jim Webb et Brian Wilson. J'ai envie de dire : "un peu comme tout le monde" sauf pour Jim Webb qui m'était inconnu jusqu'à ce jour et dont j'apprends avec peine qu'il s'agit d'un auteur-compositeur américain qui a écrit des chansons pour Frank Sinatra, Linda Ronstadt ou Joe Cocker en passant longtemps par la case country. Enfin ! Personne n'est parfait…
Ils sortent leur premier album, Mass Romantic, en novembre 2000. Plus de trois ans de gestation pour un disque de pop léchée et énergique où les synthés se mêlent aux fuzz, aux chœurs polyphoniques et aux rythmes enlevés. Ils ont mis le temps mais ont trouvé leur style et le garderont d'ailleurs jusqu'à aujourd'hui tout au long de leurs 5 albums.
Tout n'est pas excellent dans cette masse de chansons et il y en a même des qui sont énervantes. Mais on peut aussi y trouver quelques petites pépites pas désagréables voire très agréables comme cet étonnant Falling Through Your Clothes, extrait de Twin Cinema leur troisième alboum sorti en 2005. La mélodie légèrement arythmique et les arrangements doux bien que parfois saturés raviront tout amateur éclairé de pop music.
Le gros de leur production est plus proche de The Electric Version, extrait de l'album du même nom sorti en 2003.
Sympathique et énergique mais parfois un peu trop sucré et, à haute dose, on est à la limite de la déglutition acide, du reflux gastrique mal contrôlé, ça doit venir des influences de Jim Webb !
Mais que ceci ne vous arrête pas, prenez deux ou trois cachets de citrate de bétaïne et régalez-vous de New Pornographers jusqu'à plus soif.
The Slow Descent Into Alcoholism, 2000 :
It's Only Divine Right, 2003 :
Jackie, Dressed in Cobras, 2005 :
Mass Romantic, live :
The Shepperd, live à la télé :
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