mardi 18 octobre 2011

Beulah. Où ça ? Bah là !



Beulah n'est pas uniquement le cri de joie que pousse un rasta à la vue d'un beau pied de ganja.
C'est aussi un petit village du Michigan, siège du comté de Benzie et John Beulah, présent sur facebook, contrairement à toute attente, est une femme (un peu grassouillette).
Mais Beulah, c'est surtout un petit groupe pop américain, originaire de San Francisco.

Gravity's Bringing us Down :


La musique de Beulah est généralement calme et mélodique mais elle est aussi souvent joyeuse et sautillante. La part belle est faite aux chœurs façon "papalapa" et au tambourin mais la saturation et les dissonances ne sont jamais loin. Les arrangements ont de forts accents Brian Wilsonnesques avec superpositions de couches et ruptures franches sur fond de mélodies presque bubble-gum. Le groupe n'hésite pas à mélanger basse fuzz, cuivres, tablas, violons, cloches, sitar et "shanana".
Bref, c'est de la bonne pop américaine !

Formé en 1996 par Miles Kurosky et Bill Swan, deux amis qui ont des gouts et des dégouts communs, le groupe se limite au départ à ce duo et enregistre quelques morceaux sur 4 pistes.
Leur musique est remarquée par Robert Schneider. Dit comme ça, ça peut paraitre inintéressant, voire totalement absurde ("oué, ben moi, ma musique elle a été remarquée par Marcel Ténart, le cousin du fils du patron du mini-casino en bas de chez moi, alors !"). Mais lorsqu'on sait que Robert Schneider est le guitariste chanteur de Apples In Stereo et fondateur d'un label, Elephant 6, on commence à comprendre l'intérêt, même si on ne connait pas Apples In Stereo (et c'est mal de ne pas connaitre)… Bref, ce brave monsieur Schneider permet au duo d'enregistrer et de sortir son premier single, A Small Cattle Drive in a Snow Storm et peu de temps après, son premier album, Handsome Western States. C'est aussi grâce à lui que le duo s'enrichit de 3 membres permanents, Steve La Follette (dommage, Steve), Steve St. Cin (Nib Nib en Français), et Pat Noel (dont le père est bien connu des chtit'nenfants), pour assurer leurs premiers concerts en première partie de Apples In Stereo.

Le disque obtient un franc succès critique et sera rapidement épuisé.

En 1999, un deuxième album, When Your Heartstrings Break sort aux States, en Europe, au Japon et obtient encore de bonnes critiques. Le groupe s'entoure de 18 musiciens supplémentaires, cordes, cuivres et adopte un clavier permanent, Bill Evans. Mais cette abondance d'instruments ne chamboule pas complètement leur son et Miles Kurosky précise à l'époque qu'ils passent du lo-fi au mid-fi.

Après une longue série de concerts, le groupe prend un break en 2000 (et Stve St. Cin est remplacé par Danny Sullivan). Miles Kurosky enregistre quelques maquettes et les envoie à ses congénères qui enrobent et enrichissent. Ainsi nait leur troisième galette, The Coast Is Never Clear.
Mais pendant les enregistrements en studio, Miles Kurosky est diagnostiqué bipolaire, il doit subir une thérapie quotidienne et, de plus, ses relations avec l'ingénieur du son sont un peu houleuses. A ces problèmes, s'ajoute la défection subite et inattendue du label Capricorn Records. Le disque sortira finalement en septembre 2001 sur Velocette Records, un petit label indépendant. Encore un succès critique mais toujours pas de vrai succès commercial. Steve La Folette et Bill Evans quittent le groupe peu après la sortie du disque et sont remplacés par Eli Crews et Pat Abernathy.

En 2002, le groupe prépare son quatrième disque, Yoko, dans une ambiance étrange : Miles Kurosky est en train de se séparer de sa petite amie de longue date et trois des musiciens sont en plein divorces ! Lorsque l'album sort en septembre 2003, le groupe n'est pas loin de divorcer également…
Les musiciens décident que si Yoko ne fait pas un disque d'or, ils splitteront.
Yoko aura un grand succès… mais encore une fois, un succès critique. Le groupe se séparera après un dernier concert à New York, le 5 aout 2004.

Miles Kurosky a sorti un nouvel album en 2010, The Desert of Shallow Effects dont les quelques extraits écoutés prouvent qu'il n'a perdu ni son style ni son talent.

Popular Mechanics for Lovers, live 2001 :


A Good Man Is Easy To Kill, live 2001 :


Emma Blowgun's Last Stand, bonus audio avec deux chansons en une :


Miles Kurosky, She Was My Dresden :


Miles Kurosky, An Apple For An Apple :


Apples In Stereo, Signal In The Sky, musique du cartoon Power Puff Girls :

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