mercredi 29 juin 2011

Madness, j'en suis fou !



Tout le monde connait Madness et son ska entraînant que ses créateurs ont nommé Nutty Sound.
Tous les Dee-Jays du monde entier, même les plus bas-de-gamme, savent bien qu'aucune soirée dansante, bar-mitsva ou autre mariage, n'est réussie sans One Step Beyond et Night Boat To Caïro auxquels les plus audacieux n'hésitent pas à ajouter Gangsters des Specials.
Mais Madness, ce n'est pas que cela et c'est même beaucoup plus.
Madness est un digne représentant de la grande et glorieuse famille de la Pop anglaise.



Grâce aux talents de compositeurs et d'arrangeurs de plusieurs membres du groupe, en particulier Mike Barson mais aussi Chris Foreman qui signe plusieurs de mes morceaux préférés du groupe (dont l'excellent Primrose Hill que vous écoutez en ce moment), Madness est un peu le chaînon manquant entre les Kinks de Village Green Preservation et Blur de Park Life.

Ce mélange si particulier de Ska et de Pop anglaise traditionnelle avec parfois une petite touche Ennio-Morriconnesque crée une musique tout à fait originale, reconnaissable au premier coup d'œil de nos oreilles.

Leur histoire démarre en 1976, lorsque Mike Barson, dit Monsieur Barso (orgue), Chris Foreman, dit Chrissy Boy (guitare) et Lee Thompson, dit Kix (saxophone) forment un groupe de Ska, The North London Invaders. Après quelques mouvements de personnel, la formation se stabilise à partir de 1979 avec Mark Bedford, dit Bedders, à la basse, Graham McPherson, dit Suggs, au chant, Dan Woodgate, dit Woody, à la batterie et Cathal Smith, dit Chas Mash, aux chœurs, à la trompette et à la danse.

Ils choisissent leur nouveau nom, Madness, en l'honneur d'une chanson de Prince Buster, un des créateur du ska jamaïcain des années soixante qu'ils admirent particulièrement.

Leur premier single, The Prince, sort le le 11 aout 1979 sur le label Two-Tone fondé par Jerry Dammers des Specials. Il se place rapidement à la onzième place des charts où il restera onze semaines. Le titre est signé Lee Thompson et est à nouveau un hommage à Prince Buster.

Dans la foulée, le groupe signe avec Stiff Records et sort son premier album, One Step Beyond, en octobre 1979. Enorme carton qui se place deuxième dans les meilleurs ventes d'album et restera 37 semaines dans les charts anglais.

La chanson One Step Beyond, est une reprise du hit Al Capone de… Prince Buster !
Le petit speech d'introduction de Chas Smash est également emprunté à un autre morceau de Prince Buster, The Scorcher.
C'est plus que de l'amour, c'est une véritable obsession !

A partir de cette entrée en matière fracassante, tous leurs 45 tours prendront une bonne place dans les charts anglais et Madness devient un véritable phénomène au succès planétaire.

A la fin des années soixante-dix, le mouvement Skinhead a été noyauté par les fachos du National Front. Comme, contrairement aux autres groupes phares du revival Ska (Specials, Selecter, Beat), Madness est uniquement composé de bons petits blancs, les skins fachos adopteront One Step Beyond comme hymne et ils formeront une grande partie du public qui suit (et lance) le groupe. Ceci vaudra à Madness une mauvais image dont ils auront beaucoup de mal à se débarrasser malgré des prises de positions claires dans leurs interviews et des engagements aux côtés de Greenpeace, du Parti Travailliste anglais ou de l'association anti-apartheid, "Artists Against Apartheid".



Dès leur second album, Absolutely, sorti en septembre 1980, le style du groupe s'affirme et s'éloigne du Ska pur jus en y ajoutant une bonne dose de Pop ou de Soul.
Des morceaux comme Embarrassment, Take It Or Leave It ou Disappear annoncent les albums à venir et même s'il sonne encore très Ska avec sa rythmique enlevée, Baggy Trousers, est un excellent morceau de pop digne des meilleurs morceaux des Kinks avec une structure et une mélodie complexes et des paroles ancrées dans le quotidien anglais.

C'est avec Seven, leur troisième album sorti en octobre 1981, que Madness affirme son nouveau style. Cardiac Arrest, Shut Up et Grey Day suivent la voie ouverte par Embarassment, une pop sautillante mais mélancolique où certains arrangements de cuivres et certaines lignes de guitare fleurent bon le western spaghetti . Mais ils n'oublient pas pour autant leurs racines et, par exemple, You Said est un excellent Ska à la Nutty Sound.

Leur quatrième opus, The Rise And Fall, sorti en octobre 1982, est conçu au départ comme un concept-album sur le thème de la nostalgie de l'enfance. C'est leur album le plus expérimental et un des plus réussis. Rise And Fall, Tomorrow's Just Another Day, Primsose Hill, Our House et Tiptoes en sont mes morceaux préférés.

Primrose Hill représente pour moi la quintessence du style Madness au mieux de sa forme : une mélodie et des paroles mélancoliques sur une rythmique appuyée et dansante, des arrangements fins et classieux (les chœurs qui mêlent deux mélodies et les petits breaks qui cassent le rythme) et une composition intelligente, complexe sans être gavante.
Ce break/solo de cuivres m'emballe à chaque fois qu'il arrive et pourtant je ne suis vraiment pas fan des fanfares et j'écoute le morceau en boucle depuis deux heures !
Primrose Hill est aussi une colline située dans le district de Camden, à Londres, qui culmine à 78 m et offre une vue panoramique sur la ville.

En février 1984, Madness sort son cinquième album (en à peine plus de cinq ans), Keep Moving.
C'est le dernier album auquel participera Monsieur Barso (avant leur reformation de 1999).
Pour moi, ils sont cette fois allés trop loin dans la popification car le résultat bascule très souvent du côté de la variétoche. En fait, il n'y a pratiquement rien à sauver de cet album, sauf peut-être Michael Caine et encore, le refrain est assez épouvantable !
Le magazine Rolling Stone qui traitait le groupe de "Blues Brothers avec un accent anglais" au moment de Absolutely, attribue 4 étoiles sur 5 à ce piètre album.

Bref, Madness a cassé la baraque entre 1979 et 1983 avant de casser sa propre baraque en ouvrant trop grand la porte aux sirènes de la variété.

Madness a toujours produit des clips sympas à la saveur burlesco-beatlesque, alors, une fois n'est pas coutume, je privilégie les clips aux lives !
Shut Up :


Cardiac Arrest :


Grey Day :


Our House :


Driving In My Car :


House Of Fun :


Baggy Trousers :


Tomorrow's Just Another Day :

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