Depuis son excellent album de 1978, This Year’s Model, tout le monde sait bien qu’Elvis Costello est un bon, un très bon même. On connait aussi son bon goût depuis qu’il a produit le premier album des Specials en 1979. Mais lorsqu’en 1982, on découvre Beyond Belief, il n’y a plus aucun doute : Elvis Costello est un génie ! Et ça reste valable si on découvre ce morceau aujourd'hui...
Beyond Belief ouvre Imperial Bedroom, son 7e album (en 5 ans !) qui fait suite au regrettable disque country Almost Blue (non, je n’aime toujours pas la country music !). Pour les esthètes, sachez que cet album a été produit par Geoff Emerick, l'ingénieur du son des Beatles de 1966 à leur séparation.
La mélodie de Beyon Delief est tout simplement incroyable (mais où va-t-il chercher tout ça !?) et les arrangements sont d’une inventivité subtile et complexe. Et pas d’artifices fumeux, pas d’arnaque sur ce morceau : il y a une basse qui marque un temps sur cinq au début puis martèle une rythmique appuyée à la fin, une batterie qui prend à peine le temps de respirer, un orgue aérien (limite extra-terrestre), une guitare discrète aux cordes étouffées et la voix intense et toute en énergie du maître. Rien de plus, rien de moins !
Je n’ai jamais rien compris aux paroles et je n’ai jamais non plus vraiment tenté de le faire car à la seule façon dont les mots coulent (et ils coulent), j’imagine qu’il s’agit d’une histoire compliquée, intelligente (comme la musique) et poignante (surtout pendant le break où il est vaguement question des canaux martiens !). Et ça me suffit depuis 30 ans ! Mais aujourd’hui, à l’occasion de ce billet, j’ai lu les paroles en entier et… je dois avouer que je n’y comprends rien de plus qu’avant !
The glib replies, the same defeats
Keep your finger on important issues
With crocodile tears and a pocketful of tissues
I'm just the oily slick
On the windup world of the nervous tick
In a very fashionable hovel
I hang around dying to be tortured
You'll never be alone in the bone orchard
This battle with the bottle is nothing so novel
…
Ces paroles absconses n’enlèvent pourtant rien à la qualité de cette chanson qui continue de me transporter dans des régions que ni l’anglais ni le français ne sauraient décrire correctement ! Et d’ailleurs, je préfère garder mes sensations peut-être illusoires plutôt que de faire une étude de texte.
Elvis Costello, de son vrai nom Declan Patrick MacManus, est originaire de Twinckenham, banlieue de Londres et il commence sa carrière au milieu des années 70 avec un groupe de pub rock nommé Flip City.
Puis en 1976, il se produit en solo sous le nom de scène D.P. Costello, Day Costello étant le nom sous lequel son père se produisait en tant que trompettiste dans les années 50, Costello étant le nom de jeune fille de la grand-maman, une histoire de famille, quoi.
En 1977, il est signé par Stiff Records. Un des fondateurs du label, Jake Riviera, est à l’origine du prénom Elvis, petite provocation qui tombe bien puisque Presley meurt cette année-là !
En mai, sort le premier album de Costello My Aim Is True. A part son look, costard et grosses lunettes, le reste n’est pas encore tout à fait au point, en tout cas, pas encore tout à fait à mon goût : la musique sent un peu la bouse de bison si vous voyez ce que je veux dire (et si vous ne voyez pas, vous imaginez un peu quand même, non ?! surtout si je copie/colle cet extrait de wikipédia : « L'un des moments forts de l'album est la ballade country "Alison" aux paroles mordantes typiques de Costello »).
La même année, il recrute un groupe permanent, les excellents ATTRACTIONS, constitué de Steve Nieve (piano/orgue), Bruce Thomas (basse), et Pete Thomas (batterie mais pas de lien de parenté avec le bassiste). Ils le suivront jusqu’au début des années 90 et sauront à la perfection jouer les morceaux complexes de Costello tout en gardant un côté, sinon sauvage, au moins un peu rêche.
Les albums suivants confirmeront cela (même sur le regrettable Almost Blue, on ne peut nier le talent de l’artiste et de ses acolytes) jusqu’à Beyond Belief qui le place à mes yeux parmi les quelques génies du rock, mais je l’ai déjà dit, non ?
A partir du milieu des années 80, l’animal se perd un peu dans des compositions et des arrangements trop commerciaux à mon goût (Everyday I Write The Book par exemple, mais à sa décharge, le milieu des années 80 est quand même une époque sacrément dégueulasse pour la musique en général !) et je dois avouer qu’on s’est alors un peu perdu de vue (d’ouïe ?). Cependant, dans chaque fournée, il y aura toujours au moins 2 ou 3 bons morceaux car c’est une des particularités d’Elvis Costello : quel que soit le style qu’il aborde, il garde une certaine hargne, en particulier dans les guitares et sa voix inimitable.
Durant sa longue carrière, il aura abordé une multitude de styles différents : pub rock, punk rock, new wave, country (non, je ne dis rien…), variété, ballades, pop, jazz et même la musique classique ! Cependant, dès les premiers instants, les amateurs avertis savent reconnaitre Elvis Costello car l’homme a un organe au timbre très particulier maîtrisé à la perfection et ses compositions sont parmi les plus complexes mais instantanées (comme les nouilles ?) de toute la pop music !
Elvis est mort (depuis longtemps, on ne vous avait pas prévenu ?), vive Elvis !
Le clip de Pump It Up
(I Don't Want To Go To) Chelsea un live qui déboîte:
Watching The Detectives en live sous la pluie:
Excellent concert pour l'émission allemande RockPalast en 1978 :
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