Mais j'aime ça quand même.
Pour d'autres raisons, j'aime aussi les chansons-fleuves dans lesquelles on peut se noyer de différentes façons.
Dans un souci de vérité scientifique et afin de faciliter l'analyse et l'étude de cette réalité complexe, j'ai effectué une typologie détaillée des chansons-fleuves que je vais vous exposer pas plus tard que tout de suite maintenant allez c'est parti :
- Les "soli" : avec de longs solos, la plupart du temps à la guitare, le type le plus commun qui peut vite virer au cauchemar si le guitariste aime faire des gammes très rapides ou utiliser des sons fatigants comme savent si bien le faire nos amis hard-rockeux ;
- Les "symphonies" : avec plein de petits morceaux collés bout à bout. Ce style a reçu ses lettres de noblesse avec les compositions à rallonge de Smile ou les suites complexes des Who de 1968-69 ;
- Les "repetitas" : morceaux normaux mais avec beaucoup de couplets, Bob Dylan est un spécialiste de la chose ;
- Les "bipartites" : le morceau normal suivi d'une déclinaison à rallonge, espèce de variation du thème principal ;
- Les "crescendo" : morceaux qui démarrent tout doucement et qui montent qui montent qui montent jusqu'à l'explosion finale ;
- Le dub.
- Afin d'être vraiment complet, j'ajoute un dernier type, le "multiforme", qui peut mêler tout ou partie des différents types listés ci-dessus.
Mais trêve de bavardage et passons aux choses sérieuses avec une sélection de titres qui durent 8 minutes et plus à écouter avec les tympans et le cortex cérébral mais aussi avec le cœur (enfin, comme d'hab' quoi).
Ultimate Spinach, Ballad Of The Hip Death Goddess
MGMT, Siberian Breaks
Son compositeur, Andrew VanWyngarden, chanteur et guitariste au nom à coucher dehors, indique que Siberian Breaks est composé de 8 morceaux différents et que c'est son titre préféré du disque. C'est vrai que cette suite de mélodies pop aux sonorités sixties fait du bien par où ça passe.
L'album s'est vendu à 66000 exemplaires en une semaine en Angleterre et seulement 11000 autres après 18 mois. Le public aurait été déçu ? C'est vrai que cet album psychédélique est assez différent de leurs premiers succès électro-dances. Anecdote amusante, MGMT a poursuivi l'UMP, oui l'UMP qui vient de perdre les élections et son leader, pour avoir utilisé leur chanson Kids sans autorisation.
Electric Soft Parade, Silent To The Dark
J'entends déjà les persifleurs et les bileux : " Ha ! Le type bipartites a été créé uniquement pour cette chanson. Cette typologie est complaisante et ridicule ". Mais, messieurs les pisse-froids, sachez que l'on retrouve cette construction bipartite chez plusieurs artistes comme Archive, The Wedding Present ou This Busy Monster pour ne citer qu'eux. Et même si… je n'ai rien contre la complaisance ou l'autosatisfaction (vous l'aurez sans doute déjà remarqué) et le ridicule ne tue pas (je le saurais).
The Verve, Noise Epic
Ce titre de 8'13" est un mélange réussi des types "soli", "repetitas" et "symphonie", "multiforme" servi dans un écrin de bruit et de fureur.
The Verve, groupe maudit de la brit-pop qui mit 8 ans à sortir de l'ombre, et dont les droits du tube interplanétaire de l'été 1997, Bitter Sweet Symphony, plusieurs fois disque de platine, seront récupérés par le label ABKCO car ce morceau a été construit sans autorisation autour du sample d'une version symphonique du titre The Last Time des Stones enregistrée par le Andrew Loog Oldham Orchestra en 1965.
The Last Time, Andrew Loog Oldham Orchestra :
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire