Avec Chemistry Is What We Are, Simian, petit quator electro-pop de Manchester, a accouché en 2001 d'une espèce de monstre gentil, pop harmonique habillée de bruits électroniques étranges dégageant une ambiance très psychédélique, voire cosmico-bucolique.
Ce ne sont ni les premiers ni les seuls à avoir tenté cette expérience, les animaux super-poilus des gaëliques gallois Super Fury Animals sont des maîtres du genre psychédélectronique depuis 1996, mais le greffon Simiesque a bien pris (au moins avec mes neurones) et, alors que les super-poilus sont assez souvent agressifs et violents (mais c'est bon), les singes sont plus léthargiques et tranquilles, un monstre gentil j'vous dis !
Simian est né ce jour-là.
Autours de l'idée de dynamiter de l'intérieur des chansons au format pop traditionnel en y ajoutant des couches électroniques mais aussi des chœurs polyphoniques planants, Simian enregistre son premier album, Chemistry Is What We Are, et décroche un contrat avec le label Allemand underground Source Records, spécialisé dans la musique expérimentale, électronique ou non et une distribution aux States par le label New-Yorkais Astralwerk, filiale de Virgin spécialisée dans l'électro.
Si tous les titres de ce disque ne sont pas excellents (en fait, il y en a même quelques-uns qui sont très gonflants), cet alboum a une personnalité assez forte au jusqu'au-boutisme parfois fatigant mais fort respectable et certaines chansons parviennent, comme One Dimension actuellement dans vos tympans, à un équilibre fragile entre mélodies pop et bidouilles informatiques, à une alchimie presque parfaite, en tout cas fort appréciable. Le groupe se permet même de placer une petite pépite low-fi pas du tout électronique de 1'40" au milieu de l'album, How Could I Be Right, dont la suite d'accords étrange accompagne une mélodie triste et entêtante.
Leur second disque, We Are Your Friends, sorti en 2002 et produit par Brian Eno, affiche une volonté assumée de séduire un public plus large avec des morceaux plus accrocheurs. Mais si certaines chansons restent bonnes (Skin, Never Be Alone, The Way I Live ou When I Go par exemple), le fragile équilibre est rompu et le résultat est moins séduisant.
D'ailleurs, le groupe, qui peine à trouver des débouchées, ne sortira plus rien et se séparera en 2005.
James Ford et Jas Shaw se lancent alors dans la dance-music avec Simian Mobile Disco (c'est très beurk). Par contre, James Ford participe aux excellents Last Shadow Puppets en tant que batteur et producteur (c'est très miam).
En 2006, le duo français Justice se fera connaitre en réalisant un remix du morceau Never Be Alone sous le titre We Are Your Friends mais ce n'est pas important, ce n'est qu'une anecdote. Ce qui compte, c'est l'éphémère mais néanmoins inaltérable magie interstellaire qui émane du premier album de Simian et je ne résiste pas, je vous en offre un dernier exemple avec l'hypnotique Round And Around.
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