Hello Goodbye n'est évidemment pas la meilleure chanson des Beatles mais c'est loin d'être la pire (pensez à Ob-La-Di Ob-La-Da, Act Naturally ou Maggie Mae par exemple) et cette première prise met en évidence un point capital : Ringo est un génie de la batterie.
Hello Goodbye a été enregistré à l'époque où le groupe maîtrise complètement le travail en studio. Sgt. Pepper est sorti quelques mois plus tôt et ils ont déjà mis en boîte Magical Mystery Tour, Your Mother Should Know, The Fool On The Hill et I Am The Walrus, bref la quasi-totalité des chansons du film Magical Mystery Tour.
Les Beatles psychédéliques sont à leur apogée.
Et pas uniquement pour leur consommation effrénée d'acide lysergique.
Une seule journée, le 2 octobre 1967, aura été nécessaire pour le playback.
Les voix et quelques guitares sont mises en boite le 19 octobre.
Le 2 novembre, quelques prises de basse et de violon sont ajoutées.
Le titre est mixé le 6 novembre.
Seulement 4 jours de studio, pas mal.
Le single Hello Goodbye / I Am The Walrus sort le 24 novembre 1967.
Quelques mots sur le génie de Ringo qui pourrait échapper aux durs d'oreille : ses roulements sont presque toujours surprenants. Ils commencent ou ils finissent à des moments inattendus. Ils durent un peu trop ou pas assez longtemps. Ils utilisent les cymbales et le charleston indifféremment des toms ou de la caisse claire. Bref, ils sont originaux et en plus ils sont puissants.
Ajoutez à cela la maîtrise des prises de sons et de mixage du couple Geoff Emerick/George Martin et vous avez une des composantes principales du son Beatles : la batterie inégalée de Ringo.
Tout fan des Beatles connait l'importance du jeu original de Ringo (et ce, depuis ses débuts dans le groupe même si c'est moins perceptible) et la façon dont il est souvent sous-estimé par le grand public. Mais ça fait toujours du bien de le dire, de le partager et, surtout, de l'entendre et de le faire écouter.
Sur cet enregistrement privé des voix, outre la batterie géniale de Ringo, on peut aussi discerner autre chose : l'utilisation de l'orgue rythmique et la sophistication des suites d'accords montrent l'influence importante du Brian Wilson de Pet Sounds et Good Vibrations sur le Paulot cuvée 1967.
Le disque Magical Mystery Tour tel que nous le connaissons tous aujourd'hui était sorti uniquement aux Etats-Unis le 27 novembre. En plus des 6 morceaux du film qui en constituent la face A, la face B contient les singles précédents : Hello Goodbye, Strawberry Fields Forever, Penny Lane, Baby You're a Rich Man et All You Need Is Love.
Pour paraphraser Pilote, je dirais simplement : Mâtin, quel album !
D'ailleurs, en Angleterre, cette version importée des Etats-Unis se vendra mieux que le double single.
Ce disque, presque systématiquement raillé par les critiques et en tout cas toujours sous-estimé, est pour moi le joyau des Beatles psychédéliques, devant le sergent poivre et ses amis esseulés.
Alors, c'est vrai, Blue Jay Way est sacrément molle… mais tellement molle que ça en deviendrait presqu'une force ;
Baby You're A Rich Man est un peu facile… mais tellement Lennon dans le texte et dans la voix ;
et les chœurs finaux et le petit synthé de Flying sont ridicules… mais juste ridicules.
Cependant, même sur ces trois boulets, la production et la dextérité des musiciens sont toujours impeccables et sooooo psychedelic.
Et puis, I Am The Walrus et Strawberry Fields Forever ne sont-ils pas les meilleurs morceaux de John Lennon ?
Bah si.
Et aussi, Your Mother Should Know et Hello Goodbye ne sont-elles pas à ranger parmi les plus belles perles popinettes à la Macca ?
Bah si.
Alors, aux prochaines élections, votez Magical Mystery Tour plutôt que Sgt. Pepper (ceci était un message subliminal appuyé à l'attention des Sarkozystes et autres demi-Sarkozystes).
Magical Mistery Tour, le film :
Le gros qui explose :
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire