lundi 14 novembre 2011

Surf's Up, Can't Wait Too Long



Je n'ai pas encore réussi à décrocher de SMiLE, j'ai même ressorti et réécouté tous mes pirates !
Un constat est décidément clair : la qualité sonore de ce nouveau coffret est vraiment très très supérieure aux différents bootlegs… Et si certains choix de mixage ou de sessions peuvent être discutés (je pense en particulier à la version retenue de Good Vibrations trop proche du single mondialement connu à mon gout), ce nouveau SMiLE est indispensable à toute personne de bon gout.

Je n'ai pas eu le temps d'écrire un nouvel article pour cette semaine mais, à la place, je vous propose d'écouter un des plus beaux morceaux de SMiLE (donc tout simplement un des plus beaux morceaux du multivers, n'est-ce pas ? et je lis déjà le bonheur et la joie dans vos yeux humides) : Surf's Up.

Composée en une nuit par Brian Wilson et Van Dyke Parks sur le piano du bac à sable, cette chanson est belle à sanctifier un démon (pour changer) et ce n'est pas une, ni deux mais trois versions que je vous invite à découvrir !

Tout d'abord, et c'est normal de commencer par le commencement, la version démo avec Brian Wilson seul au piano.

La seule version pirate que j'avais pu récupérer de cette pépite avait un son minable et ne commençait qu'au deuxième couplet. Quel plaisir de l'entendre en entier comme si le grand Brian, pas encore complètement démoli par sa quête impossible et les drogues, se tenait à mes côté et voulait connaitre mon avis sur sa dernière composition : "mouais pas mal Brian, continue comme ça".

Ensuite, deux prises du playback final (attention, exercice de karaoké difficile).

Un peu à la manière des sessions de Pet Sounds, le morceau est joué par les requins de studio puis Brian intervient pour donner quelques directives (incompréhensibles pour moi malheureusement) puis on peut entendre les re-re (ici les trompettes) sur la version retenue. Un peu comme si on était au studio avec le gros Brian et ses musiciens préférés : "mouais, c'est bon les gars, on garde celle-ci".
Notez au passage qu'il ne s'agit que de la première partie du morceau, vous vous rappelez le délire "musique modulaire" ?

Pour finir, la version finale avec tous les re-re et toutes les voix.

Même orchestration que la version qui est sortie en 1971 sur l'album Surf's Up mais le mix est beaucoup plus dynamique et surtout, ce ne sont pas les mêmes voix. En 1971, malgré la pression de Carl et du manager de l'époque, Brian refuse de retravailler sur le morceau. C'est donc Carl qui s'y colle et qui en profite pour placer sa voix sur la première partie (je me demande bien pourquoi en entendant la version initiale !). Sur la seconde partie du morceau, il double la voix de son grand frère et ajoute du Moog et de la basse. Puis, à la surprise générale, Brian fait une apparition au studio et aide son petit frère et l'ingénieur du son à produire le troisième mouvement.
La "nouvelle" version qui vient de sortir est évidemment meilleure : "mouais Carl, tu préfères pas laisser la voix de Brian et refaire le mix du playback ?".

Brian qui interprète Surf's Uples yeux fermés fin 1966, c'est beau comme tout.


Pour finir, j'ajoute un dernier morceau.
Présent sur quelques pirates mais ne faisant pas partie du disque SMiLE original, il n'a pas été inclus dans le nouveau coffret et c'est bien dommage.
Alors, pour votre plus grand plaisir et afin de rétablir la justice sur cette planète qui en a bien besoin (particulièrement au niveau de la politique fiscale du gouvernement mais c'est une autre histoire dans laquelle je ne me lancerais pas aujourd'hui), voici Can't Wait Too Long.

Son côté maladivement répétitif et ses différents mouvements en font un morceau digne de SMiLE.
Composé et enregistré entre 1967 et 1968, ce titre n'a jamais été fini et, assez logiquement donc, jamais utilisé par le groupe. Outre sur différents pirates, ce titre est sorti en bonus sur le CD Smiley Smile / Wild Honey de 1990. Il prouve que Brian, bien que réellement et sérieusement atteint à cette époque, pouvait encore faire de bonnes choses…

La semaine prochaine, nous parlerons de Vega-Tables et de l'intervention de Paul McCartney au celeri (à moins que ce ne soit à la carotte ?).

Inside Pop - The Rock Revolution, reportage télé de 1967 sur la pop-music par Leonard Bernstein et David Oppenheim qui inclut la version démo de Surf's Up mais aussi plein d'autres morceaux pop décortiqués par Bernstein :

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