Pour 2014, 15 vieilleries de 2013 qui sont passées par mes oreilles et ne leur ont pas déplu au point que j'ai eu envie de vous les faire entendre.
Bonané et bonécoute.
Pour en avoir encore plus (57 titres en tout), c'est sur regaloeb.com que ça se passe.
-
Albert Hammond Jr - AHJ - Carnal Cruise
Albert Hammond Jr est le guitariste des Strokes dont, au passage, l'alboum de 2013 est une sombre merde stridente et racoleuse que je n'ai pas réussi à écouter plus de deux fois, mes fragiles oreilles ayant crié grâce.
Albert Hammond Jr a déjà sorti deux LP solo et AHJ est un EP de 5 titres. On croirait entendre les Strokes (mais pas ceux de 2013 heureusement). Normalement, c'est pas joli-joli de copier comme ça mais, dans ce cas précis, lui, Albert Hammond Jr, il a le droit passque peut-être qu'il ne fait même pas exprès. Et, du reste, Carnal Cruise est un très bon titre qui mérite amplement sa place dans mon top 15.
Pour info, l'alboum de 2006, Yours To Keep, est très sympathique aussi. -
Arctic Monkeys - AM - No. 1 Party Anthem
Non, décidément, AM n'est pas le meilleur alboum des Singes des glaces, vraiment pas (à croire que ce top 15 est une vaste fumisterie !).
Mais derrière les arrangements presque hard-FM et les choeurs légèrement putassiers, on distingue tout de même parfois l'indéniable talent de compositeur et la belle voix du jeune Alex Turner.
Alors impossible de faire une rétrospective 2013 sans eux !
No. 1 Party Anthem est une chouette ballade presque aussi bonne que celles qu'on peut entendre sur la B.O. du film Submarine, réalisé par l'excellent Maurice Moss (Richard Ayoade de son vrai nom) de l'excellente série The I.T. Crowd.
Presque. -
Bass Drum of Death - Bass Drum of Death - Bad Reputation
Bass Drum of Death sont deux enfants texans qui font du garage-rock. Au départ, il y a John Barrett, one-man-band avec guitare, grosse caisse et chant. Sur le disque, c'est lui qui fait tout tout seul. Et puis, Colin Sneed a permis à John de se tenir debout sur scène en prenant la batterie et ça lui a fait tellement plaisir que maintenant Bass Drum Of Death est un duo. Mais quand je les ai vus sur scène cet été, ils étaient trois, un deuxième guitariste s'étant greffé au binz. Bref, one-man-band, duo ou trio, je n'en sais rien mais je sais que Bass Drum Of Death est un alboum très garage, très rêche et très frais (bien qu'un peu indigeste à la longue). Sur scène, ça sonne un peu plus rock amerloque traditionnel pour jeunes filles en chaleur, entre grunge et... grunge réchauffé, mais ça reste très énergique et c'est toujours mieux que la Nouvelle Star.
-
Beach Fossils - Clash The Truth - Generational Synthetic
Les Beach Fossils sont 4 New-Yorkais de Brooklyn. Contrairement à ce que leur nom indique, ils sont jeunes et se sont formés en 2010. Clash The Truth est leur deuxième alboum mais entre celui-ci et le premier, le bassiste et le batteur ont changé (et ça fait beaucoup pour un quator !). Il parait que sur scène, ça déménage. En tout cas, sur disque, ils arrivent à être un peu mou sur des tempos rapides, un peu à la façon shoegazers et moi, j'aime ça. Attention, pour finir et pour votre plus grand plaisir, anecdote croustillante : le studio dans lequel le groupe enregistrait le disque a été submergé et détruit lors la tempête Sandy...
-
Clinic - Free Reign II - Done and Dusted II
Après 15 ans d'existence, les Liverpudliens de Clinic ont sorti leur 7e alboum, Free Reign, en novembre 2012. Quelques mois après, ils sortent Free Reign II qui propose des versions différentes de tous les titres du précédent, présentés dans l'ordre exactement inverse + un inédit affublé tout de même du "II", Done and Dusted II. Les deux versions de ce disque sont bonnes. La II étant la plus psychopathe et la plus électronique. Malgré les masques dont ils s'affublent sur scène, les membres de Clinic ne sont pas des médecins, non, ce sont les patients.
Et c'est une clinique psychiatrique. -
The Dirtbombs - Ooey Gooey Chewy Ka-blooey! - Jump And Shout
Les Dirtbombs sont originaires de Detroit. Formés en 1992 par Mick Collins (alors membre des Gories), ils ont une structure très particulière composée de deux basses, deux batteries et une seule guitare !
Ils devaient au départ n'enregistrer que des 45 tours, dans l'esprit garage mid-60's, mais finalement, emportés par leur élan, ils ont mis en boite plusieurs LP.
Le groupe en est à sa 17ème line-up (!) et nous avait habitué à une musique plutôt sauvage, mix de garage et de soul pleine de fuzz.
Ooey Gooey Chewy Ka-blooey!, leur cuvée 2013 au titre hautement philosophique, est plus calme et certaines parties me rappelle parfois les Super Furry Animals, alors c'est bien comme ça aussi. -
Franz Ferdinand - Right Thoughts, Right Words, Right Action - Treason! Animals
Globalement décevante car sans surprise, la livraison 2013 de Franz Ferdinand contient quand même au moins deux bon titres, Treason! Animals et The Universe Expanded. Un troisième, Bullet, rappelle les bons moments énergiques des écossais. En fait, jusqu'à Bullet, l'alboum est un peu trop racoleur et presque irritant mais ensuite, ça s'arrange (ou alors les oreilles s'habituent ?...).
-
Jacco Gardner - Cabinet of Curiosity - Clear the Air
Jacco Gardner est un jeune hollandais dont on imagine sans peine en écoutant sa production qu'il est un grand amateur de pop-sike des 60's, Syd Barrett et Brian Wilson en tête.
Cabinet Of Curiosity, sans atteindre le génie des deux héros des sixties sus-cités (non ce n'est pas sale), est plein de douceur et de poésie et c'est assurément un des meilleurs alboums de 1967 sorti en 2013. En plus, Jacco Gardner a enregistré sur du matos vintage avec un ingénieur du son vintage lui-aussi - celui qui a travaillé à l'époque avec les formidables Outsiders ou Q65 - et il a fait un concert de poche chez mon ami Merlin, alors... -
La Femme - Psycho Tropical Berlin - Antitaxi
Formés par deux biarrots (de Biarritz), un parisien (de Paris), un marseillais (de Marseille) et une bretonne (de Bretagne), la Femme est donc bien un groupe français. Leur pop sucrée à base d'électro, de surf et de nouillouève légèrement psyché a fait d'eux une des révélations française de l'année 2013. Les Inrockuptibles ont même attribué la seconde place à Psycho Tropical Berlin dans leur classement des meilleurs albums de l'année (mais qui lit encore les Inrockuptibles ?). Les paroles sont parfois à la limite du ridicule (style "tu vois le jour dans le noir") mais que dirais-je de bon nombre de groupes anglo-saxons si j'étais totalement bilingue ? Comme la musique est sympa, que les morceaux s'enchaînent bien et qu'ils citent Marie et les Garçon comme influence, on leur pardonne (enfin moi, toujours, je leur pardonne même si je retrouve plus les sonorités du premier maxi d'Indochine qu'une influence des post-punks lyonnais dans leur musique...).
-
Lonely LoeB - The Comeback - She's Coming
Enfant, Regaloeb écoute Georges Brassens, Guy Béart et Charles Trenet. A 9 ans, il découvre les Beatles, les Beach Boys, les Kinks et les Who et il adore ! À l’été 1978, son grand frère va en vacances en Angleterre et il revient avec les Jam et les Buzzcocks. Alors, c’est la folie punk/new wave/mods puis garage sixties. Adepte forcené du do-it-yourself, Lonely Loeb compose ses premiers trucs sur une guitare à 4 cordes (ça fait moins mal aux doigts !). Entre 1980 et 1998, des dizaines de morceaux (ou de morceaux de morceaux pour être plus exact)et pun certain nombre de groupes plus ou moins réels voient le jour : Xelex, Déficit DBX, le Mirage Mods, les Réactions, Enfer & Damnation, les Vhos, les Brutes, les Cactus, Saxawhaman, les Toons, les Fantastiques, Régale-moi et puis pouf! plus rien entre 1998 et 2012.
Avec l'installation dans son bureau d'un vieil iMac équipé de garageband, Lonely LoeB ressort sa guitare et nous régale à nouveau les oreilles.
Si un jour, She's Coming a des paroles, ça parlera de la mort qui s'approche de toi en rampant aux milieu des cafards et autres animalcules répugnants. -
Mélissa Laveaux - Dying Is Wild Night - Move On
Mélissa Laveaux est une jeune canadienne d'origine Haïtienne. Née en 1985 à Montréal, elle grandit à Ottawa et s'installe à Paris en 2008 après la sortie de son premier alboum, Camphor and Copper.
Sa seconde livraison, Dying Is Wild Night est plus rock que son prédécesseur (me dit-on dans l'oreillette) et ça fait un peu peur car bien qu'il contienne une reprise du Hash Pipe des Weezer et une petite fuzz de bon aloi sur Sweetwood, ça ne sonne pas très rock à mes oreilles. Mais c'est pas grave, ce qui est intéressant dans ce disque, ce sont les mélodies portée par une voix attachante et, aussi, les rythmiques originales et inventives (normal, les chansons ont d'abord été maquettées avec une batteuse, Anne Paceo et Mélissa Laveaux voue une admiration sans borne au duo Wildbirds & Peacedrums, qui travaille sur les combinaisons percussions/voix - là, je copie/colle sans connaitre ce duo mais ça fait bien). -
Palma Violets - 180 - Chicken Dippers
Quatre jeunes londoniens se rencontrent au festival de Reading en 2011 et décident de faire ensemble un groupe de rock indie-garage-psyché qu'ils décident pour raison étrange d'appeler "Palma Violets".
Un peu à la manière des Arctic Monkees, grace à des vidéos de live postées sur youtube, le groupe devient célèbre avant même d'avoir enregistré quoi que ce soit.
En 2012, ils sont signés par Rough Trade et sortent un premier single, Best Of Friends. Dès lors, ils sont soutenus par le puissant journal NME : fréquents articles et présence sur le NME Awards Tour aux côtés de Miles Kane et Django Django. Les lecteurs du journal leur décernent le prix de "Song Of The Year 2012". Le 25 février 2013, le LP 180 (nom du studio d'enregistrement) sort sur le marché anglais. Le 27 février, les lecteurs du NME leur décernent le prix de "Best New Band".
Paul Weller aussi est leur ami.
Notons également que le papa du bassiste est le manager de Nick Cave and the Bad Seeds... Moi, j'dis ça, j'dis rien, hein. -
Thee Oh Sees - Floating Coffin - Tunnel Time
Au départ, en 1997, Thee Oh Sees s'appelle Orinoka Crash Suite, OCS puis Orange County Sound et c'est juste le projet personnel de John Dwyer, par ailleurs chanteur/guitariste dans deux autres groupes. Entre 2003 et 2004, Orinoka Crash Suite sort 3 alboums avec différents musiciens. Et puis les autres groupes de John Dwyer se séparent, alors son projet solo devient son projet principal. Il se transforme en duo avec l'arrivée d'un batteur et peu après en trio avec une choriste/tambouriniste/keyboardiste. En 2006, ils se rebaptisent The Ohsees (on approche du but) et sortent un LP. En 2007, arrivée d'un bassiste (qui joue en fait sur une guitare avec des effets tenus secret pour reproduire le son d'une basse) et encore un alboum pour le groupe qui trouve sa forme presque définitive. Presque seulement, car en 2008, changement de batteur et de nom : The Oh Sees sont enfin nés ! Alors, oui The Oh Sees, c'est encore un groupe de garage californien aux influences clairement sixties/post-punk et très, très prolifique, déjà 7 galettes depuis 2008.
Quand on aime on ne compte pas ! -
Ty Segall - Gemini - Inside Your Heart
Ty Segall est un jeune californien boulimique. Il sort depuis 2008 plusieurs alboums chaque année sous son nom ou avec d'autres groupes comme The Fuzz, the Perverts ou the Traditional Fools (sauf en 2010 où ce gros flemmard n'en a sorti qu'un).
Parfois, il ne se fatigue pas trop, comme pour ce Gemini de 2013, puisqu'il s'agit d'un ré-enregistrement un peu plus garage de son Twins de 2012. Mais quand la musique est bonne... et en plus, c'est un concept intéressant ! -
Young Knives - Sick Octave - Bed Warmer
Ce trio anglais de power-pop, composé de deux frères et un batteur, est originaire de Ashby-de-la-Zouch, en plein centre de la Perfide Albion, dans la région du Leicestershire, comté éminemment rural (comme le précise wikipédia). Je ne suis pas sûr de bien saisir la nuance entre "un comté éminemment rural" et "un trou perdu rempli de bouseux" (et peut-être n'y en a-t-il pas) mais, quoi qu'il en soit, les Young Knives sont des bons. Depuis 2002, ils ont sortis 5 alboums de plus en plus élaborés. On commence par du punk plutôt basique et énervé bien que mélodique pour finir en 2013 par de l'électro-niou-oueve complexe, hypnotique et débridé mais toujours énervé. Sick Octave n'est pas leur meilleur disque (selon moi, Superabundance, leur deuxième LP datant de 2008 mérite la première place) mais il contient quelques belles réussites.
Le seul défaut des Young Knives ? Ils sont rondouillards et pas très beaux... peut-être aussi un peu bruyants !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire