dimanche 21 août 2011

Complicated



Vous aimez les Stones pour leurs fortes racines blues ?
Vous aimez les Stones pour le rock un peu gras qu'ils nous servent sans relâche depuis 1970 ?
Passez votre chemin !



Moi, j'aime les Stones quand ils essayent assez maladroitement de faire de la pop. Et cette maladresse leur donne un charme particulier qui fait leur originalité et leur force.
Moins propre et moins mélodieux que les Beatles, moins élégant et moins angliche que les Kinks, les Stones délivrent une pop brouillonne et foutraque qui gratte un peu les oreilles non-tetra-hydro-cannabinolées mais ne manque ni d'énergie, ni de mélodie et qui est pleine de classe et de fureur.

Un de mes albums préférés, car il est rempli de morceaux originaux, c'est Between The Buttons.
Les fans "pur-laine" et même Jagger et Richards ne l'aiment pas mais ça ne me fera pas changer d'avis (bien au contraire !).

J'ai longtemps hésité... Yesterday's Paper avec Brian Jones au Marimbas et Jack Nitzche au clavecin, son break de guitare fuzz bien senti et sa mélodie popinette ; My Obsession avec ce rythme répétitif, brutal et hypnotique, ces harmonies un peu bordéliques et ce piano honky-tonk ; ou Complicated ?

Finalement, je retiens Complicated pour plusieurs raisons : d'abord, ce morceau est peut-être un peu moins connu que les deux autres, ensuite, le beat imbatable, typique de Charlie Watts, soutenu par les maracas de Brian Jones, la bonne grosse fuzz bien grasse de Keith Richards et la basse simple et bien posée de Bill Wyman, les petites accroches d'orgue de Jack Nitzche et la mélodie entrainante de Mick Jagger ont fini de faire la différence.

Between The Buttons a été enregistré en aout 1966 à Los Angeles au cours d'une tournée aux USA et terminé à Londres en novembre et décembre. Il est sorti en janvier 1967 et est le cinquième album officiel des Rolling Stones (c'est le septième chez les américains qui ne font jamais rien comme tout le monde à cette époque).

Ce sera le dernier album produit par Andrew Loog Oldham, le jeune homme qui, à défaut d'être un producteur de génie comme son idole Phil Spector, aura l'idée géniale d'opposer les "méchants" Stones aux "gentils" Beatles.

La photo de la pochette a été prise au petit matin, sur Primrose Hill, après une nuit d'enregistrements et c'est pourquoi les Stones ont ces têtes de déterrés…

Avec ce disque, les Stones essayent de coller à la roue des chefs d'œuvres qu'ont sortis leur contemporains en 1966 : Revolver des Beatles, Blonde On Blonde de Bob Dylan et Face To Face des Kinks. Ils poussent parfois presque jusqu'au plagiat (Who's Been Sleeping Here fait beaucoup penser à Bob Dylan et Something Happened To Me Yesterday rappelle étrangement les Kinks), mais les Stones sont quand même les Stones, quoiqu'on en pense, et même lorsqu'ils essayent de copier, ils font de l'original !



Yesterday's Papers :


My Obession :

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